La Constitution – En vedette

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Quand j’ai été invité à signer la Constitution,
la Reine avait signé, Monsieur Trudeau avait signé, moi j’ai signé le troisième. Et
quand j’ai pris la plume, Monsieur Trudeau avait brisé la pointe de la plume au moment
de la signature. Quand j’ai pris la plume pour signer mon nom, ça ne fonctionnait pas.
Et j’ai dit quelque chose. Et la Reine a regardé à gauche, elle a regardé à droite,
et elle a éclaté de rire. Pendant très longtemps j’ai refusé de dire ce que j’avais
dit à ce moment-là, parce que je disais c’est un secret d’État. Mais en réalité,
quand j’ai vu que la plume ne fonctionnait pas, comme la Reine est bilingue et a bien
compris, j’ai dit Merde! Pendant deux ans, j’ai fait des négociations
avec les provinces, ensuite devant les comités de la Chambre et du Sénat à ce sujet-là.
Il y a eu des témoignages de tous les groupes. Les Autochtones, les femmes, les hommes, tous
les groupes ethniques sont venus faire des représentations. Et il fallait déterminer
quelles étaient les libertés que les gens allaient avoir dans la Charte. La liberté
de parole, la liberté de religion, la liberté de conscience, la liberté d’association,etc. La Charte canadienne des droits et libertés a été très bien reçue sur le plan international et c’est une référence dans beaucoup de
domaines. Moi je connais bien le domaine des droits linguistiques des minorités mais il
y a aussi le domaine de l’égalité homme-femme où le Canada a souvent été cité en exemple
pour sa reconnaissance de l’égalité entre les hommes et les femmes. Dans le domaine
des droits linguistiques, vous savez, les pays où il y a des minorités nous regardent
avec beaucoup d’envie. C’est un message, aussi, qu’on envoie
à l’ensemble des Canadiens que ces caractéristiques-là sont fondamentales et font partie de l’identité
canadienne. Donc, pour beaucoup, c’est important et ils ont de quoi être fiers parce que,
à l’époque, c’est un grand moment de fondation pour le Canada, on pourrait dire
c’est le deuxième moment de fondation pour le Canada. Mais en même temps, c’est un
héritage ambigu pour d’autres, parce que si on prend le Québec, le Québec n’a toujours
pas signé cette consitution. Donc pour le Québec c’est un nouveau moment de fondation
duquel il est exclu. C’était une nouvelle expérience, parce
que avant la Charte, le contrôle de la constitutionnalité des lois, c’était simplement le partage
des compétences entre les provinces et le gouvernement fédéral. Alors là ça devenait
très différent parce qu’on se prononçait sur les grandes valeurs de la société. Et
ça, c’est une tâche qui est très délicate évidemment, parce que le public en général
a une idée de ce qui est une bonne décision dans ce domaine-là, même sans formation
juridique. Si je vous dis, est-ce que c’est un délai raisonnable pour obtenir son procès,
vous avez une idée de ce qui est raisonnable, même sans formation juridique. Et c’est
vrai pour toute une série d’autres décisions importantes qui ont été prises par la Cour
suprême en particulier. Alors, dans ce sens-là, on se voit les interprètes des valeurs de
la société. Le plus important changement, ça a été
de garantir le droit à l’éducation dans la langue minoritaire, parce que dans la grande
majorité des provinces, il n’y avait aucune possibilité d’être éduqué dans sa langue
si c’était la langue minoritaire. Je pense que la participation du public au
processus démocratique se fait mal si les gens ne connaissent pas leurs droits ou l’importance
de participer au système d’une certaine façon. Je leur dirais que pour exercer sa
liberté, ce qui est aussi important pour les jeunes, il faut avoir une certaine connaissance.
Et que la connaissance commence par celle qui est nécessaire pour jouer son rôle pleinement
comme citoyen canadien.

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